Étude sur les besoins en logement des femmes et des filles souhaitant quitter l’industrie du sexe

L’exploitation sexuelle demeure importante et préoccupante au Québec et ailleurs au Canada :

  • 72% de la traite des personnes dans le monde sert à nourrir l’industrie du sexe (ONUDC, 2016) ;
  • 71% des victimes sont des femmes et des filles (ONUSDC, 2016) ;
  • Le Canada est un pays de recrutement, de transit, de destination et de tourisme sexuel (GRC, 2013) ;
  • La majorité des victimes de traite au Canada le sont à des fins d’exploitation sexuelle (GRC, 2013) ;
  • 1500 à 2200 personnes seraient victimes de traite du Canada vers les États-Unis chaque année ; environ 1300 enfants trafiqués pour servir l’industrie du sexe (GRC, 2010).
  • Des observateurs ont estimé que 4 000 filles et garçons (12 à 25 ans) à Montréal offraient des services sexuels (Durocher, 2002).
  • 1 500 proxénètes ou plus ont été actifs au Québec au cours des dernières années (Service du renseignement criminel du Québec, 2013).
  • Plus de 2 600 000 transactions en lien avec la prostitution au cours d’une année en 2011 (Service du renseignement criminel du Québec, 2013).
  • 200 salons de massages, 65 bars de danseuses et 38 agences d’escortes sont en activité à Montréal (Service du renseignement criminel du Québec, 2013).
  • L’âge moyen d’entrée dans la prostitution au Canada est de 14 ans (Poulin, 2007).

Témoignant de la prévalence particulièrement élevée de ce phénomène, Montréal a été identifiée comme une destination majeure pour le tourisme sexuel par le Département d’État des États-Unis (U.S. Department of State, 2016).

Malgré l’existence de plusieurs études sur les personnes victimes d’exploitation sexuelle, peu d’entre elles ont porté sur leurs besoins concrets et leurs préférences en matière de logement. Or, la littérature démontre l’existence d’un lien fort entre l’exploitation sexuelle et la précarité en logement (Baker et Glover, 2013 ; McNaughton et Sanders, 2007). De plus, les victimes de ce type d’exploitation vivent souvent des situations de stigmatisation ou d’isolement social lorsqu’elles quittent le milieu de la prostitution, ce qui peut compliquer leur stabilisation en logement et contribuer à des entrées et des sorties successives de ce milieu (Sagar, 2010). Plusieurs femmes racontent aussi avoir l’impression de perdre le contrôle de leur propre vie, même lorsqu’elles ne vivent plus de situations d’exploitation sexuelle, en raison du contrôle exercé par les différents programmes sociaux dont elles bénéficient (Dewey, 2014).

Cette étude vise donc à mieux comprendre les besoins en matière de logement des femmes et des filles qui souhaitent quitter l’industrie du sexe. Les résultats pourraient contribuer à la création et au développement de modèles de logement, qui pourraient, le cas échéant, être appliqués par divers organismes. En effet, un nombre croissant d’organisations désirent fournir des services de logement aux personnes désireuses de quitter l’industrie du sexe.  Elles comptent recevoir à cette fin des fonds publics et privés. Une meilleure compréhension des besoins de la population desservie par ces organisations pourrait aider à orienter ces services de façon plus efficace.

Par ailleurs, cette recherche permettra de combler le vide dans la littérature actuelle, puisque peu d’études ont porté sur les besoins concrets en matière de logement de ces femmes. Ce projet contribuera aussi à fournir des données sur la réalité des Québécoises souhaitant quitter l’industrie du sexe. Aucun questionnaire n’a été développé à cet effet, ce à quoi ce projet cherche également à remédier.

 

Liste non-exhaustive des ressources pour les femmes et les filles participant
à cette étude

 

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